Quand j’étais obèse dans ma tête

Je me rends compte que les changements de vos corps, du à la grossesse, et puis à la vie intense de maman, vous préoccupent beaucoup.

Je vous disais, dans mon précédent article que personne n’avait à dire quoique ce soit sur “l’état” de votre propre corps. Bien sûr on prend les compliments, mais même eux, vous ne devez pas les prendre pour argent comptant: votre jugement seul compte!!!! Vraiment, c’est important mes jolies petites mamans.

La diversité est un fait. Et ce n’est pas grave. Notre vraie vie ne ressemble pas et ne ressemblera jamais à celle qui se trouve dans les magazines. Vous avez peut être l’impression que c’est le cas pour certaines, mais sachez que même ces filles qui ont l’air minces d’aspect, se sentent aussi mal dans leur peau que vous. Parce qu’elles se trouvent imparfaites, parce qu’elles aussi subissent des critiques, parce qu’elles aussi lisent les mêmes magazines que vous, parce que la pression de la Société est la même que l’on soit grand, gros, mince, roux, noir, blanc, blond, les yeux en amande, avec les cheveux frisés ou lisses……

J’ai 30 kilos en trop, petit à petit, qui se sont accrochés à mes hanches, à mon cul, à mes bras, à ma poitrine et à mes cuisses, depuis 10 ans….

Mais depuis que j’ai 8 ans je les ressens ces kilos en trop. Depuis que j’ai 8 ans, je suis au régime dans mon esprit. Toute mon enfance, mon adolescence et ma vie de très jeune adulte, je me suis sentie trop grosse, voire obèse.

Puis un jour je le suis devenue. Je le suis devenue, à force de sauter des repas pour perdre 2 kg, à force de faire des régimes hyper protéinés (Dukan caca), à force de m’abîmer l’estomac en le tendant et en le restreignant, à force de m’abîmer les reins et rendre mon intestin poreux en me nourrissant, peu, mal et trop et encore mal.

Avec la dysmorphophobie (se voir exagérément différente que l’on est réellement, ici, se croire obèse avant de le devenir réellement), est apparue l’hyperphagie. J’en ai déjà parlé sur mon Insta, et je pense qu’on est vraiment beaucoup beaucoup à vivre cette pathologie. On en parle peu dans ces termes, mais étymologiquement on comprend tout de suite de quoi il s’agit.

Avant de connaître ce mot, j’appelais mes comportements des “suicides alimentaires”. C’est à dire qu’au moindre soucis émotionnel, je mangeais… BEAUCOUP.

Tout à commencé après une rupture, à 17 ans…

 

Ahhhh le premier amour 😉 J’étais dans un lycée qui ne me plaisait pas, sans mes meilleures amies (qui le sont toujours <3 ), sans mon amoureux regretté. Je rentrais de cours, et je me faisais un “goûter” avec un paquet entier de BN dans ce qu’on pourrait appeler un saladier de lait!!!!

Puis mon Papa qui travaillait de nuit mangeait tôt, donc je mangeais avec lui, on est réunionnais donc on mange assez consistant: riz et plat de viande en sauce…

Et quand il partait, j’étais seule à la maison, il était 22h et je mangeais un autre repas: frites, nuggets ou cordon bleu….

Et malgré mon corps d’adolescente plutôt compréhensif, mon activité loin d’être suractive au niveau du sport mais quand même active, j’ai commencé à stocker…

 

15 kg en 6 mois…..

Ce corps collaborait vraiment bien parce que plus tard, en arrêtant mes bêtises, ou quasiment, j’ai tout reperdu.

Mais les comportements alimentaires étaient là, ancrés. Parce que mon cerveau de toute petite adulte, c’est créé autour de ce comportement: tristesse et solitude = manger.

J’ai grandis, et je suis arrivée à Paris, une ville que je ne connaissais pas, après une dépression, pour cause de “je suis perdue, que va devenir ma vie???”(courant à cet âge!). Mais confiante en cet inconnu. Et 2 mois après, je rencontrais ce jeune homme bourré (oui tout court!), qui finira un jour par me demander en mariage, m’épouser et m’offrir 2 merveilles.

Quand je l’ai rencontré je faisais 59kg pour 1m65. Oui, le rapport parfait… mais moi je me trouvais grosse, très grosse, et pas forcément digne d’un si  gentil amoureux. Et puis j’étais encore plus loin de ma famille, mes amies, ma vie, mes habitudes, ma Normandie… Et le cercle vicieux à commencé.

21 ans et obèse… dans ma tête!

 

J’étais une adulte désormais, alors je pensais être maîtresse de moi même et à même de faire les bons choix: erreur. J’ai commencé 1000 régimes que j’ai arrêté dès 3 ou 4 kg perdus, puis repris 6 ou 7: A CHAQUE FOIS…. Ça en fait des kilos pris bêtement, alors que je ne voulais que faire plaisir à mon nouvel amoureux….

Et je suis donc devenue obèse.

Obèse n’est pas un gros mot. Obèse, ça veut juste dire que mon poids est dangereux pour moi, mon dos, mes reins, ma thyroide, mon périnée (oui j’ai commencé à me faire pipi dessus), mes chevilles, mes analyses sanguines….

Je n’étais pas en mauvaise santé, mais c’est le premier symptôme visible.

 

Et je me faisais “suicides alimentaires” sur “suicides alimentaires”. Saucissons, kinder, pâtes, cookies, chocolat, gâteaux en tout genre, lait, glaces, mcdo, kfc, quick, pizza, tartes en tout genre, fromage, fromage et fromage…….

Au moindre soucis émotionnel… Et à cette époque tout à fait instable de ma vie, je peux te dire que tout était émotionnellement difficile à vivre…

A postériori je me dis…  » Mais          qu’est ce que je suis bonne »!!! 😉

Et un jour, j’ai appris ce qu’était l’hyperphagie, un jour de bonté envers moi même où j’avais décidé de trouver une solution qui ne serait pas un régime qui me coûterai en euros et en kilos.

L’hyperphagie, d’après la définitions du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales, c’est “En médecine, le fait de manger en trop grandes quantités”. Tu n’es donc ni anorexique, ni boulimique, parce que tu manges sans aucune notion de contrôle de poids, tu ne te fais pas vomir et tu fuis ton pèse personne… mais tu te fais autant de mal, et c’est tout autant une maladie psychologique, à mon sens.

Après cette révélation, ma vision de la vie à totalement changée. Et j’ai réussis à comprendre ce que je faisais, pourquoi (mes blessures émotionnelles), et ce qu’il fallait que je fasse pour guérir tout ça. Ce qu’il fallait que je fasse pour enfin apprendre à m’aimer.

Je devais guérir cette hyperphagie, ne plus me jeter sur la bouffe en cas de mal être. Donc guérir mes blessures. Et ce travail a prit beauuuuuucoup de temps.

J’ai commencé par diminuer les quantités de nourriture de mes “suicides”. Puis avec du travail sur moi, petit à petit, j’ai réussi à les espacer, parce que j’ai appris à moins souffrir émotionnellement. Puis au fur et à mesure je les ai totalement éradiqué. Et enfin ma guérison émotionnelle à pu se faire tranquillement sans se poison qui me faisait manger, puis me détester toujours plus. Mon serpent ne se mordait plus la queue.

Au cours de ce travail (tout se compte en année hein!!!), mon amoureux m’avait offert une séance photo… J’ai toujours adoré être prise en photo (égocentrisme mon meilleur pote 😀 )… j’ai mis du temps à me lancer, presqu’un an je crois, mais j’étais à point.

J’étais avec mon frère, mon meilleur ami, mon premier fan. Il a un oeil artistique et il a vraiment adoré ce moment shooting auquel il a assisté, parce que sans lui je n’aurai jamais pu. Et je me suis ÉCLATÉE!!!!

Après ça, je me suis senti pousser des ailes. J’étais obèse, mais putain que j’étais belle!

 

 

 

 

Alors j’ai voulu participer à Miss Ronde, mais mon ordinateur à déconné: impossible de s’inscrire. C’était un mal pour un bien parce que finalement des années après je ne suis plus très d’accord avec ces manières d’exposer les femmes (comme les hommes), comme des objets aux critiques des autres, aux comparaisons, aux jugements…..

 

Mais une amie m’a mise en contacte avec une merveilleuse personne qui se battait pour la mode grande taille, elle avait un magazine qui s’appelait “ronde & glamour”, elle a été un vraie coach en confiance en soi pour moi. Elle me disait que je pourrais devenir une grande modèle grande taille…

Mon fameux frère y est devenu directeur artistique et il a fait des choses extraordinaires avec des filles pas que pulpeuse, des filles avec des bourrelets, des filles qui venaient d’accoucher, avec leurs vergetures, des filles à grosses fesses/bras/cuisses/chevilles/hanches ….  😉

Et en côtoyant ce milieu, j’ai appris à m’aimer pour de vrai, à comprendre que la diversité se trouvait dans la nature, et que des filles “très grosses” s’aiment comme elles étaient alors pourquoi pas moi?

Depuis, j’ai quitté le “milieu” parce que devenir mannequin ne m’intéressait plus, et le “communautarisme” non plus: j’avais juste envie de vivre sans étiquette. Et puis j’ai appris la fermeture du magazine…

Mais maintenant, je m’aime je me kiff et je prends soin de moi. Je sais me mettre en valeur quand j’en ai envie et je me FOU TOTALEMENT de l’avis des autres. Sincèrement.

  29 ans, obèse, mais bien dans ma tête…

Bien sûr j’ai quelque coup de mou parce que même si je l’aime mon gras, je veux tout de même qu’il disparaisse. S’aimer, c’est s’accepter mais c’est aussi faire de son mieux pour être en meilleure santé. Certaines personnes sont faites comme cela, elles ne perdront pas ou peu, elles doivent donc l’accepter.

Moi je n’ai jamais rien fait pour m’aider pour de vrai et je m’aime enfin assez pour essayer réellement, alors avant d’accepter à 100% ce fait d’être juste ronde, je tente ma chance vers la bonne santé, et une apparence qui enfin correspondra à ce qu’il se passe dans ma tête…

Parce que désormais je m’aime tellement que la dysmorphophobie se fait presque à l’envers et je n’ai pas conscience d’être “aussi grosse” 😀

Et maintenant que j’ai rencontré la merveilleuse Sandra, coach en nutrition et bien-être… je ne peux qu’aller mieux!

RDV en janvier pour que je vous donne mes premiers résultats 😉 #teasingdefifou

Et si vous êtes trop impatientes, contactez la directement sur son facebook, c’est vraiment une nana extraordinaire!!! Elle est basée sur Bordeaux Centre, mais elle peut travailler avec vous de loin!!!

Je n’ai pas parlé de grossophobie finalement… Mais je crois que cette introduction était importante, pour que vous compreniez que je vous comprends. Et malgré cette histoire personnelle, mes grossesses, mon nouveau corps et même les pertes de poids liées, j’ai souffert de ce corps qui change doucement puis tout d’un coup….

            Crédit photo Camille Dardy Photographie

Ce sera donc notre nouvelle rubrique ou je raconterai mon expérience et le regard des autres 😉

 

 

Racontez moi, dites moi comment et depuis quand (quoi?) vous vous aimez, comment et pourquoi vous en êtes arrivées à vous détester? Balancez moi vos témoignages par mail: chezlouisele@gmail.com aucun article n’est trop long, trop court, pas assez bien tourné blablabla! Je prends tout vos témoignages sans exception <3

 

12 commentaires





  1. Vous êtes très jolie… pour ma part j ai des kilos de trop depuis l age de 12 ans. Parcours difficile aussi mais je suis loin de m accepter tel que je suis ! Félicitations à vous

    1. Author

      Merci <3 Alors surtout reste ici (on se tutoie hein!!!) et lis mes bêtises, je suis sure que je peux t'inoculer un petit poney dans la tête qui te susurrera des mots doux qui au fil du temps te donnerons envie de t'aimer telle que tu es <3

  2. je crois que nos parcours se ressemblent. Enfin jusqu’à l’acceptation de soi je veux dire car je n’y suis pas encore… J’ai toujours cru que j’étais grosse ( presque toujours. je me souviens le moment exact ou j’ai commencé à me trouver grosse ). Il y a 10 ans je faisais 1,62m pour 57kg, je me trouvais énorme. Ma perception de moi était tellement deformée que je ne me suis pas rendu compte que j’avais pris 10kg en quelques mois. Aujourd’hui avec beaucoup plus de kilos en trop, je suis grosse, je me trouve grosse mais finalement pas plus grosse qu’il y a X kilos. Ca fait longtemps que je me dis qu’il faudrait que je mette des mots là dessus, d’écrire, je crois que ça serait une bonne thérapie. Un jour peut être….

    1. Author

      alors écris nous, je suis sure que ça pourrait t’être utile. Tu sais, le blog ca reste thérapeutique aussi quelque part 😉 je vous aide mais mon inspiration vient quand même de mon mal être… même si je le chasse petit à petit, même si certaines blessures sont refermées, je ne saurais pas quoi écrire si je n’avais pas vécu tout cela 🙂 alors si l’inspiration te vient et que tu cherches un endroit où être publié … 😉 :*

  3. Quel bel article, un grand bravo à toi pour réussir à t’accepter. C’est beau, et tu es une très jolie femme! Belle continuation!!

  4. Superbe article 😍 j’aimerais tellement pouvoir témoigner plein de choses et mon ressenti…mais tellement de complexes encore, que je ne saurais par où commencer 😉 ni comment… bref, j’ai du chemin à faire avant l’acceptation de ce corps dont tu parles. Merci 😙

  5. Que tu es belle <3 Et merci pour le petit clin d'oeil en bas <3

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