Quand je détestais mes enfants

 

Cette photo de Noël représente parfaitement mon état: là, mais floue, au milieu de cette douce agitation…

 

Où comment j’ai pu tester pour vous: la dépression flash…

 

Vous n’êtes pas sans savoir, vous qui me suivez ardemment (oui au moins ça!!!) que le mois de Décembre à été compliqué pour moi… Pas à cause de Noël qui arrivait, pas forcément à cause du froid, pas non plus parce que belle maman était là (coucou catou 😀 ) (oui elle lit surement, alors je l’embête hihi).

 

Non, simplement un tout. Un tout, tout pourri. Je pense que 18 mois de grossesse (le presque plus simple finalement), 6 mois à 100% avec 2 bébés en forte demande(logique, des bébés quoi!), la fatigue qui allait avec (et pourtant je dormais la nuit) (enfin mieux que beaucoup en tout cas!), mais aussi la chute normale d’hormones combinés à la fin de mon traitement pour la thyroide, qui mine de rien, devait beaucoup me soutenir depuis tout ce temps….

 

Résultat: dépression ou post-partum (techniquement post-partum c’est un indicateur de temps qui dit “après grossesse”, donc je dirais qu’on y est sûrement!!! Même POST-PARTUMZZ 😀 ), burn out, simple ras le bol ou fatigue ou encore manque de vitamine D….

 

TADAAAAAA!

 

Merci la Vie. Pute.

 

Me voilà donc, à détester ma vie toute entière.

Mon corps que j’essaye de choyer depuis plusieurs années.

Mon couple que je crois tombé au plus bas fond.

Mes enfants totalement imparfaits.

Notre choix d’avoir un second enfant, qui aurait cassé mon premier bébé parfait.

Mon second bébé pas parfait du tout.

Mes chats, mon appart, ma tête, ma famille, mes amis, vous, le blog…..

 

Me voilà, au lieu de prendre une grande respiration YOLOLEYHIHOU, a rentrer dans ce tunnel tout sombre où ne se trouve aucune lumière naturelle, une lumière qui montrerai par où aller, et surtout, des putains de spots sur un “tout va bien se passer”.

 

Je suis entrée, et en plus de ne pas avoir pris cette inspiration salvatrice, j’ai totalement arrêté de respirer, j’ai fermé les yeux très fort et j’ai voulu tout quitter. Non, que tout parte. Parce que moi j’étais trop fatiguée pour faire le moindre geste.

 

“Prends tes gosses et tes chats et barrez vous. Loin. Je me mets là et je vais me laisser mourir. Si, laisse les shokobons.”

 

Voilà en gros comment je me sentais en décembre. Mal.

Et ça, je le remarque parce que depuis 2 ou 3 semaines, je me lève chaque matin et me surprends à aimer la vie, à avoir envie de faire des choses, à avoir envie de chatouiller mes doucettes et de les voir sourire. D’embrasser mon amoureux comme si on avait 15 ans…..

 

C’est compliqué ces moments… Et je sais que je ne suis pas la seule à l’avoir vécu. Il y en a même certain(e)s d’entre vous qui êtes en train de me lire et qui se disent “merde… je vis ça! là, en ce moment…?!”

 

Je suis une personne qui s’écoute.

 

Enfin ça c’est ce que les pas sympas m’ont toujours dit… Je dirais, moi, que je m’entends. Et là est toute la nuance. J’entends quand ça ne va pas. On peut écouter et être à côté de la plaque. Moi je m’entends. Et je sais quand vraiment ça ne va pas.

 

Je vois quand mon amoureux ne me reconnait plus. Je sens quand mes filles sont sur les nerfs alors qu’il n’y a aucune raison apparente.

 

Je sais quand je deviens totalement irrationnelle, moi qui de coutume, vis avec des coeurs à la place des pupilles et qui attend que les petits poney passent sur l’arc en ciel quand il pleut (histoire vraie, j’avais 3 ans #meufchoute ).

 

Je comprends tout quand je suis défaitiste, quand je suis négative (moi reine de la positivité: oui je dirais à une personne qui est tombée de l’escalier, qu’en effet, elle est arrivée plus vite en bas, malgré son entorse) (je sais je suis reloue), quand je n’ai pas envie de me lever et que les rayons du soleil ne m’atteignent pas….

 

Alors je me suis auto tiré la sonnette d’alarme.

 

Je me suis dis “Ca ne va pas. Allons mieux. Que faire?” … j’ai mis la question en suspend dans mon inconscient et j’ai attendu. Je fais très souvent ça, depuis que je sais faire! Pas besoin d’y penser, la réponse arrivera.

 

Mais j’ai tout de même mis des choses concrètes en action: je ne pouvais malheureusement pas mettre tout le monde dehors et me noyer dans les shokobons. Alors ça urgeait.

 

J’ai tout de même fait les choses à mon rythme. De pensées surtout (c’est là que la question en suspend agit en arrière plan!). En général, je n’accepte de faire un truc que si j’ai pesé tous les pours les contres, les oui mais, les non t’es fou, les mouai ok, les bons d’accord et les MAIS POURQUOI N’Y AI JE PAS PENSÉ PLUS TÔT????

 

Et j’ai pris une première décision; voir un psy. J’ai demandé à mon merveilleux mari si il voulait bien se rendre dispo si éventuellement la/le psy demandait à le voir. Il m’a évidemment dit oui (que che l’aime). On manquait cruellement d’argent (autre problème qui me pesait beaucoup, mais j’y viens) donc je me suis tournée vers la PMI de mon quartier.

 

Nous y sommes allés tous les 4. J’ai été confrontée a un hall d’entrée un peu frais, et un accueil un peu plus chaleureux et concerné, mais je devais revenir. Mais Noël, la peur de revenir, le “en ai je vraiment besoin? Ne vont il pas me prendre pour une assistée?”… je n’y suis pas retournée.

Mais avoir fait cette démarche tous ensemble, comme si c’était un problème de famille plutôt que du mien à moi toute seule… c’était ce dont j’avais besoin.

 

Je suis la maman. Je compte. Je ne dois pas en douter.

 

Sans moi, comme sans papa, ou sans Louise, ou sans Adèle, la famille ne tournerait plus rond du tout. Et on le sait tous les 4. Nous sommes importants les uns pour les autres.

 

Cette première marche passée. Une seconde décision a réussit à sortir, non sans mal ni dégâts sur mon coeur: reprendre le travail. C’était redevenu une évidence, un besoin financier et mental.

 

[Je me suis lancée dans la recherche, j’ai eu, comme vous l’avez suivi, un entretien du tonnerre, qui a débouché sur un entretien final, pour finir sur une totale non-embauche….

Là, tout de suite, je suis déçue. Mais j’avais demandé à l’Univers si je devais continuer le blog, et si non, de me donner ce job. Il s’avère que je crois à ces choses… 😉 ]

 

Puis les fêtes et leur lot de fatigue sont passés, nous nous sommes retrouvé à 4. Avec de belles résolutions, après 1 mois de chaos. Et les choses se sont adoucies par elles même.

 

J’ai recommencé à parler à Louise.

 

De la manière dont je l’avais toujours fait, mais que j’avais oublié tellement je vivais dans l’énervement de l’instant. Et naturellement, elle a commencé à arrêter de crier, puis d’hurler au réveil, de faire des “bêtises” (la parentalité bienveillante n’aime pas ce terme mais je suis pas encore assez calée pour donner le bon!), puis elle a commencé à faire des câlins dans le cou, à faire des bisous, à consoler, à chanter et danser….

 

Puis quelques jours, voire même semaines après, je me suis souvenu qu’Adèle aussi avait besoin de moi. Qu’elle n’avait pas 18 mais 7 mois. Que ce n’était rien qu’un petit bébé, qui avait besoin de plus d’interactions pour dormir plus sereinement, qui avait besoin de rire et sourire de nouveau et qui avait besoin de grandir et donc d’être stimulée….

 

Depuis 1 semaine je retrouve le bonheur immense de m’occuper de mes filles. Je vais mieux. Mais j’aurai pus tomber sérieusement dans une grosse dépression qui colle aux bask… et ça c’est nul.

 

Mes paupiettes, si vous vous sentez flagada, utilisez le peu d’énergie qu’il vous reste pour vous sortir de là.

Je n’en suis pas fière, mais je n’ai pas honte: pour m’en sortir, quand marichouchou n’était pas là, j’ai utilisé la tv comme babysitter…. Sans ça je n’aurai pas pu être dans cette bulle salvatrice pour en sortir vaillante comme je suis, là, quand je vous écris.

Je ne crie pas victoire, peut être que je rechuterai. Mais je pense que j’ai eu les bon réflexes, et que maintenant je saurai casser la gueule à la dépression, si elle ose se pointer de nouveau sur le pas de ma porte, accompagnée de cette catin de maman dragon….

 

GRAOUUUUU

Louisèle <3

2 commentaires

  1. Merci Mumu pour ce témoignage même si évidemment on aurait préféré que tu n’aies pas à le vivre..
    Ça nous arrive à tous de craquer (d’ailleurs avec ou sans vie de famille hihi) mais quand on se sent au fond du gouffre et qu’on ne se reconnait même plus…on oublie juste qu’il y a toujours une solution à chacun de nos problèmes 🙂 je pense que tes conseils et ta « bonne réaction » face au problème nous aideront à avoir les bons reflexes pour surmonter une mauvaise passe. Besos

  2. Bonjour Muriel,

    Bravo tu as su écouter ton corps et te respecter. Je te félicite. Nous sommes tous parfaitement imparfait et tu sais reconnaître et te remettre en question et c’est une force 💪.
    Concernant ton boulot non eu accueille, accepte et après libère toi car un meilleur arrive pour toi.
    Bisous et courage.
    Christelle

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