La honte de manger

Précédemment, je vous racontais mon parcours vers l’obésité, ICI….

 

Manger, quand tu as un trouble de l’alimentation, c’est un problème quand tu n’es pas seule avec tes petits démons rien qu’à toi.

 

Manger, quand tu as un trouble de l’alimentation, c’est être un alcoolique face à un bar, 3 fois par jour (minimum).

 

Manger, cette chose si vitale, quand tu as un trouble de l’alimentation, c’est une maladie.

 

Quand on a un trouble alimentaire, manger est un paradoxe: parce que l’on doit le faire pour vivre. Mais pour vivre, on doit le faire d’une meilleure manière…

 

Depuis que j’ai 8 ans (du plus loin que je me souvienne donc) jusqu’à ce que ça aille mieux, disons… 29 ans? Non arrondissons à 30 ans (j’en ai 32… la route était longue!), j’ai eu beaucoup de comportements chelou face à la nourriture, surtout en public.

 

A 8 ans donc, lors d’un après midi chez un copain de classe pour faire un exposé, j’ai répondu à sa maman qui me proposait une crêpe pour le goûter que “non, je suis au régime”. A 8 ANS PUTAIN! … Et c’est sortit tout seul. Pour ne pas paraître stupide, j’ai tenu ma langue et j’ai regardé les autres manger… Je m’en suis beaucoup voulu.

 

En grandissant, je continuais à donner ce genre de réponses. Je m’en voulais à chaque fois. Mon petit démon glouton me maudissait de ne pas accepter. Et en n’acceptant pas, je me faisais beaucoup de mal, parce que je disais non à des envies, juste par honte de manger en public.

 

Et puis j’ai continué à grandir, et certains se sont cru la responsabilité de me surveiller: je me retrouvais donc à regarder autour de moi dès que je mangeais. A me sentir épiée, même en pleine rue, vide de mes connaissances. A regarder un plateau de fromages, en soirée, parce que moi “je ne devrais pas”.

 

Les années ont passées et tout cela n’a pas arrangé mon hyperphagie. J’ai commencé à aller mieux quand j’ai assumé ce que je mangeais auprès de quiconque était autour de ma table. Parce que ne pas l’assumer, auparavant, ne me faisait pas y renoncer: mais plutôt me goinfrer par derrière, seule à finir déprimée, à cause de la frustration. Je disais non à 2 bonbons en public et je me tapais le paquet, de retour à la maison…..

 

J’ai eu longtemps honte de moi, mais aussi honte d’avoir honte… Toujours ce serpent qui se mord la queue….

 

Comme je le disais plus haut, la bouffe est une addiction. Une addiction que l’on nous met sous le nez au moins 3 fois par jour (mais il y a tout le marketing aussi, la tv, les pub, les magazines, les boutiques et leurs odeurs partout partout partout…). Et l’on comprend que l’on a un vrai problème, quand on comprend que pour cette bouffe, on est capable de mentir. Souvent. Et aux personnes que l’on aime.

Au départ, c’est un tout petit mensonge de rien du tout… Et puis on sent que ça prend… Et on continu… Toujours plus loin…

 

Quand j’ai pris conscience de cela, du fait que je mentais, donc que j’étais forcément accro, j’ai compris que je devais en parler à ma moitié. Je devais lui expliquer que j’avais une addiction, et que non, faire un régime, faire un peu de sport, avoir un peu plus de volonté ne suffirait pas.

 

J’ai mis du temps à lui en parler. J’ai eu honte de lui expliquer. Mais il a compris. Bien sûr, on ne sait jamais bien trop quoi faire avec un accro, et il n’a pas su…mais il m’a écouté et lui avoir parlé m’a beaucoup aidé!

 

C’est comme ça que j’ai pu avancer. Parce que malheureusement, dans ce monde, si tu n’as pas une blessure béante, personne ne sait, personne n’imagine une seconde que tu puisses souffrir. Pourtant la prise de poid rapide, l’obésité ensuite, c’est un sacré symptôme de mal être. Mais les gens l’associent plus facilement à un découragement, ils pensent qu’on est devenu fainéant et sans volonté….

 

C’est donc ainsi que j’ai commencé ma thérapie personnelle: j’ai compris ma maladie, en l’observant dans tous les sens mais surtout en y mettant un nom: l’hyperphagie. Puis, j’en ai parlé à mon entourage très proche.

C’est comme ça que j’ai réussi, beaucoup plus tard bien sur, à affronter le regard des autres. 

Affronter ces regards m’a donné de la confiance en moi, dont j’ai gardé chaque miette pour mon réservoir. Et c’est comme cela, qu’à 32 ans, je n’accepte plus et de manière totalement stricte, que l’on me dise ce qui est bon ou pas pour moi: JE décide ce que je dois manger, ce qui me donne envie et si j’en ai vraiment besoin. Je ne laisse plus personne me juger, je laisse tomber les barrières, pour qu’un jour, après m’être acceptée toute entière, ces barrières laissent passer mon gras que j’aime d’amour, mais que je veux bien laisser partir 😉

 

LOVE à vos gras Louisèle

Balancez moi vos témoignages par mail: chezlouisele@gmail.com aucun article n’est trop long, trop court, pas assez bien tourné blablabla! Je prends tout vos témoignages sans exception <3

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